LA SYNERGIE DES MEDIAS AU BURUNDI : Un exemple de Coopération multipartenariale

Fort de son succès dans le cadre du cycle électoral en 2010, l’initiative du plan d’action commun d’appui aux médias a été reconduite dans un contexte postélectoral dans le cadre de l’Etat de droit, de la consolidation de la paix, de la gouvernance démocratique. Dès 2011, la Belgique, L’Union Européenne, l’Allemagne, le PNUD et la France sont convenus de poursuivre les activités du PACAM afin d’apporter les outils pour favoriser la structuration du secteur média conformément aux recommandations des Etats-Généraux de la communication et des médias (Gitega / 4 & 5 mars 2011). Un comité de pilotage est co-présidé par la représentante burundaise des professionnels des médias (Présidente de la Maison de la Presse) et un représentant de l’UE. Ce comité de pilotage a défini des orientations en faveur des médias au travers d’activités de formations professionnelles qualifiantes, d’appui technique et d’appui à la production de programmes sur une période de 24 mois.

Le « PACAM 2 » la suite logique après le succès reconnu de l’appui aux médias en 2009 / 2010 du « PACAM 1 » en période électorale.

Lors du cycle électoral de 2010, la synergie des médias du Burundi à informé de manière équilibrée et pluraliste. Sous l’égide de l’Association Burundaises des radiodiffuseurs, 15 radios et 2 TV auxquelles se sont ajoutées 5 publications écrites ont rassemblé leurs moyens pour une couverture exhaustive du cycle électoral. Cette synergie, d’une ampleur inégalée, prenait la philosophie de l’expérience initiée déjà en 2005. Notons toutefois que le déroulement des scrutins en 2010 ne s’est pas effectué dans des conditions idéales puisque l’opposition burundaise s’est retirée de la plupart des scrutins à l’issue des communales dont elle a contesté le résultat. Cette situation a entraîné un climat de confusion et de violence. Grâce à la « charte PACAM », les médias ont su garder la « distance » face à ces évènements sans tomber dans le piège des « rumeurs » ou « partis pris ». Les citoyens, les observateurs et la classe politique dans son ensemble, ne s’y sont pas trompés et ont reconnu à la synergie des médias son rôle d’impartialité et d’apaisement des tensions.

Le rôle déterminant de la radio : L’information immédiate a été un véritable « miroir » du cycle électoral. Cogérée par l’ABR et sous son entière responsabilité éditoriale, « la synergie des médias » a proposé des éditions communes « journaux de campagne » sur 15 radios sur 7 jours, 4 éditions en quatre langues en usage au Burundi (Kirundi, Swahili, Français et Anglais) et a couvert en journée continue, les grands scrutins (30h non-stop en moyenne). Les programmes en direct ont été réalisés à partir du studio-école de la Maison de la Presse. La rédaction commune a mobilisé en moyenne 200 journalistes, cadres et techniciens dont une centaine déployée à l’intérieur du pays. De leur coté, la « RTNB » (TV publique) et « TV Renaissance » (TV privée) ont mis en commun leurs reportages filmés au travers d’un « pool image. La presse écrite -regroupant 5 titres de presse publique et privée- s’est également engagée dans une synergie spécifique en publiant des articles communs, en Français et en Kirundi.

L’appui décisif des ONG et le renforcement des capacités de la synergie des médias. : Au cours du cycle électoral l’Institut Panos Paris a apporté un appui méthodologique au travers d’une cellule de gestion avec l’ABR dans laquelle a été étroitement associée SFCG (appui logistique). Ces ONG -comme bien d’autres- ont également œuvré durant la période pré et post électorale (formation, productions de programmes d’éduction civique, etc.). A celles déjà citées, s’ajoutent « La Benevolencia » (notamment les productions radio / presse écrite du « pool Pacam »), CERFOPAX-Chaire Unesco, NDI (débats décentralisés – co-productions émissions « Tomora »), RCN, la COSOME. Enfin, des opérateurs extérieurs de renom comme CFI, RFI, le CSA de Belgique ont également contribué au renforcement des capacités des journalistes et techniciens de radio et de télévision.

Dernière modification : 22/02/2013

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