La coopération française au Burundi et la Francophonie

Les actions d’appui à la francophonie dans le cadre de la Coopération française menée par l’Ambassade de France au Burundi sont nombreuses et variées. Elles passent notamment par un programme de création de 4 maisons TV5, l’appui à l’Alliance Française de Gitega , le soutien à la politique culturelle et aux évènements francophones avec, entre autres, l’organisation de concours et de rencontres linguistiques (prix Kayoya, concours Dis-moi dix mots, journaux scolaires, ateliers pédagogiques, etc.), les examens et certifications, l’appui au secteur des médias, le soutien au secteur de l’éducation et à la coopération universitaire, et enfin, par la relance du Centre d’enseignement des langues au Burundi (CELAB) dont la rénovation et l’équipement permettent de conduire des programmes de mise à niveau en français pour des centaines d’étudiants et de proposer des formations professionnalisantes à dimension régionale pour les professeurs de français langue étrangère.

La coopération française et la francophonie convergent ainsi sur plusieurs projets importants :

La France contribue au Fonds Commun de l’Education (FCE)

La langue française étant langue d’enseignement dans le système éducatif burundais, l’action de la France dans le domaine éducatif est donc liée aux actions dans le cadre de la Francophonie, laquelle promeut d’abord le multilinguisme et la diversité culturelle. Depuis juillet 2008, le Fonds Commun de l’Education (FCE) vise à appuyer le Plan Sectoriel de Développement de l’Education et de la Formation du gouvernement burundais dont une des grandes orientations stratégiques pour 2009-2015 est l’achèvement de l’éducation primaire pour tous.
Ce fonds aide au financement, en complément du budget national, de tous les cycles du système éducatif – du préscolaire au supérieur – ainsi qu’à des dépenses de toute nature du secteur éducatif – investissements, formations, dépenses de fonctionnement, équipements. Ainsi, ce fonds permet ces jours-ci la dotation d’un million de manuels scolaires pour les enfants des écoles. Le budget du FCE pour 2011 s’élève à 12,38 millions d’euros et est financé par l’Agence française de développement (AFD), premier contributeur, la Coopération technique belge, le DFID (Coopération britannique) et le Luxembourg. Le fonds permet aussi la construction de 36 écoles et de 9 collèges à travers le pays.

L’Initiative Francophone pour la Formation à Distance des Maîtres (IFADEM)

L’Initiative Francophone pour la Formation à Distance des Maîtres (IFADEM), lancée en 2007 par l’Agence Universitaire de la Francophonie (AUF) et l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), est un projet financé par l’AFD à 75% qui vise à renforcer les compétences professionnelles des instituteurs en accompagnant le Ministère de l’Education de Base dans la mise en place d’un dispositif de formation continue, en partie à distance. Les instituteurs se perfectionnent ainsi en français via des livrets de formation et des supports en ligne sur internet tout en étant continuellement soutenus par des tuteurs.
Dans une première phase pilote, ce sont 630 instituteurs qui ont été formés dans les provinces de Bujumbura et de Kayanza. Au vu des résultats positifs qui en ont résulté, une convention a été signée en octobre 2010 avec le Ministère de l’Education de Base pour déployer l’initiative dans les provinces de Kayanza, Mwaro, Rutana, Cancukuzo et Citiboke. Pour la période 2010/2012, le projet concerne 1800 enseignants et 750 élèves instituteurs.

Le Contrat de Désendettement et de Développement – Aide budgétaire à l’éducation

Mis en œuvre par l’AFD, le « C2D » est un contrat de « désendettement-développement » qui permet, suite à un accord entre la France et le Burundi, de transformer une remise de dette en aide au développement du pays. Au Burundi, les deux parties ont décidé de consacrer 2,4 millions d’euros du C2D à une aide budgétaire sectorielle au secteur de l’éducation de base, qui se poursuivra jusqu’en 2013. Cette aide, qui permet d’appuyer le recrutement d’enseignants dans le primaire en prenant en charge plus de 1000 maîtres sur une durée de trois ans, est gérée de façon itérative à travers un dialogue régulier avec le ministère en charge de l’éducation de base et le ministère des Finances, portant sur la politique enseignante. Ainsi, en 2010, 1230 enseignants additionnels ont été recrutés et payés grâce à cette aide budgétaire. La France contribue ainsi à la priorité du gouvernement burundais concernant la gratuité de l’enseignement de base, permettant notamment une meilleure maîtrise de la langue française par les enfants burundais, élément essentiel pour la suite de leurs études.

Le Projet d’Appui à la relance de l’enseignement supérieur (projet PARES)

Le Projet d’Appui à la relance de l’enseignement supérieur (2007/2012), réalisé en partenariat avec l’Université du Burundi, a pour finalité la réforme et la relance de l’Enseignement supérieur burundais, afin de l’adapter aux réalités nationales et internationales et de lui permettre ainsi de jouer pleinement son rôle dans la reconstruction du pays. Par un programme d’appui au secrétariat de la CEPGL (Communauté économique des pays des Grands lacs), la France soutient également le Réseau interuniversitaire des grands lacs (RIGL), présidé par le recteur de l’Université du Burundi, qui regroupe 24 universités du Burundi, du Rwanda et de la République démocratique du Congo. L’objectif est de faciliter un travail commun des universitaires des trois pays sur des problématiques communes. Cette coopération universitaire ne porte pas spécialement sur le français : elle concerne nombre d’actions sectorielles, dans plusieurs langues, tout en s’inscrivant naturellement dans l’environnement francophone de la sous-région. Elle permet de consolider le Burundi dans un rôle de « carrefour » entre l’Afrique centrale francophone et l’Afrique orientale à dominante anglophone.
Le projet PARES, d’un montant de 2 millions d’euros, est exécuté à travers cinq composantes : l’appui institutionnel à la définition et à la mise en œuvre d’une réforme d’ensemble de l’enseignement supérieur, le renforcement des capacités institutionnelles de l’Université du Burundi, l’appui à l’amélioration des conditions d’enseignement, le renforcement des enseignements et la relance de la recherche, ainsi que la gestion du projet.

Le Plan d’Action Commun d’Appui aux Médias (PACAM)

Mis en place en 2009 pour accompagner le processus électoral burundais de 2010, le PACAM, qui associe plusieurs partenaires et bailleurs de fonds, dont la France qui en a pris l’initiative il y a deux ans, devrait continuer de mener des actions d’appui à la structuration et à la professionnalisation du secteur des medias, en vue de consolider la démocratie et le respect de la règle de droit dans la vie quotidienne, dans le cadre d’un « PACAM 2 post-électoral ».
La langue étant le premier « médium », la Francophonie est naturellement en toile de fond de cette action collective concernant les médias burundais, même si nombre d’actions sont également menées auprès des médias en kirundi.
Pour l’avenir, tous les partenaires concernés - autorités de tutelle, opérateurs médias, journalistes, ONG, partenaires du développement - s’accordent à considérer l’intérêt de la poursuite d’un appui aux médias, qui ont un rôle essentiel à jouer dans le débat public pour accompagner « le cycle démocratique » et consolider ainsi la paix et la gouvernance, particulièrement nécessaires au pays dans la nouvelle phase de son développement dans laquelle il s’engage aujourd’hui.

L’institut Français du Burundi

La politique culturelle de la France au Burundi est, dans une très large mesure, mise en œuvre par l’Institut Français du Burundi (IFB), principalement connu sous le nom de « Centre culturel français » (CCF). Créée en 1964, l’IFB (ex-CCF) participe activement aux efforts mis en œuvre par la France pour promouvoir la francophonie au Burundi, à travers principalement son offre en matière de cours de langue et de ressources médiathécaires. Ainsi, des cours généraux de français, des cours de français sur objectifs spécifiques (en groupes ou sous forme de formations spécialisées) et des cours de français pour jeunes scolaires sont organisés. L’IFB dispose d’une médiathèque riche de quelque 25000 ouvrages et compte 3050 inscrits.

Dernière modification : 31/03/2011

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