Lancement officiel du projet "Education inclusive au Burundi"- Discours de S.E.M. Jean LAMY, Ambassadeur de France au Burundi ( 18 octobre 2010 )

Monsieur le Ministre de l’enseignement de base et secondaire, de l’enseignement des métiers, de la formation professionnelle et de l’alphabétisation,

Madame la représentante de madame la Ministre de la Solidarité nationale, des Droits de la Personne humaine et du Genre,

Monsieur le Représentant de Handicap international au Burundi,

Messieurs les représentants du Gouverneur de la Province de Gitega et de Monsieur le Maire de Bujumbura,

Messieurs les Directeurs de l’Education pour la province de Gitega et pour Bujumbura,

Monsieur le président de l’Union des Personnes handicapées du Burundi, l’UPHB,

Mesdames et Messieurs les représentants des associations de personnes handicapées,

Messieurs les représentants de l’UNICEF et de l’UNESCO au Burundi

Mesdames et Messieurs les représentants des partenaires techniques et financiers du projet « Education inclusive au Burundi »,

Révérends, Sœurs, Mesdames et Messieurs, chers amis,

C’est avec grand plaisir que j’interviens ce matin devant vous à l’occasion du lancement officiel du projet « Education inclusive au Burundi », auquel la France est heureuse et fière de contribuer. « Education inclusive » est peut-être un terme trop ramassé, qu’on lit et qu’on prononce trop vite, sans comprendre immédiatement tout ce que ce terme veut dire, tous les efforts qu’il suppose de la part des acteurs de l’éducation -parents, éducateurs, pouvoirs publics -, mais aussi tous les bonheurs qu’il recouvre, à travers la poursuite de l’objectif noble de l’éducation et de l’épanouissement de nos enfants, de tous les enfants. Car enfin, ce dont il s’agit avec ce projet, c’est d’abord et in fine de permettre l’accès à l’école des enfants burundais souffrant d’un handicap.

Selon l’OMS, 4,5% de la population burundaise est atteinte d’un handicap majeur. Malheureusement, des centaines d’enfants burundais ne vont pas à l’école. Parce qu’il n’existe pas d’enseignement adapté à leur handicap, parce que les écoles ne sont pas conçues ni aménagées pour permettre l’accueil de ces enfants, parce que, il faut bien le dire, certains parents craignent que leur enfant soit victime de discrimination et parce que les Enfants eux-mêmes doivent pouvoir se sentir bien en classe, malgré leur handicap…Or, « l’éducation inclusive », c’est justement celle qui reconnaît la différence, qui en fait, non un obstacle mais un facteur d’enrichissement dans la classe, comme plus tard dans la société, c’est une éducation qui met au centre l’autonomie de l’enfant, qui permet l’individualisation des parcours éducatifs.

C’est précisément cela que vise le projet de Handicap International que nous lançons aujourd’hui, avec le ministère de l’Education de base, mais aussi avec tous les acteurs qui ont un rôle à jouer pour un meilleur accès à l’école des enfants handicapés. Et je tiens ici à les remercier tous pour leur engagement.

Le projet « Education inclusive Burundi - Handicap international » est un projet pilote, sur trois ans, qui doit permettre à terme l’intégration de 600 enfants handicapés dans les écoles primaires ordinaires, à travers…
- des travaux d’aménagement et d’amélioration de l’accessibilité dans 26 écoles-pilotes dans la province de Gitega et à Bujumbura,
- à travers des actions de formation et de partage de savoir-faire auprès d’une centaine d’enseignants, d’éducateurs spécialisés et de directeurs d’écoles,
- à travers des actions de sensibilisation au niveau local auprès d’acteurs locaux et de 60 groupes de parents pairs permettant de toucher 1260 familles ayant un enfant handicapé.

Enseignants, parents, accompagnateurs, responsables locaux et nationaux, nous avons tous une pierre à apporter à l’édifice qui va permettre la scolarisation des enfants handicapés.

Mais ceci ne prendra tout son sens et pourra être étendu à l’ensemble du Burundi que si ces actions-pilotes sont accompagnées et s’inscrivent dans la politique de l’éducation du pays. A cet égard, nous nous félicitons des engagements pris par le Gouvernement sur l’atteinte de l’objectif de l’éducation pour tous d’ici 2015, sur la base en particulier de l’intégration du handicap dans le Plan Sectoriel Education, validé en octobre 2009. Concrètement, l’objectif est qu’in fine le handicap soit pleinement pris en compte dans les différents outils de la politique nationale de l’éducation : normes de construction scolaire (Le Burundi) pourrait s’engager avec HI sur un plan-type d’école), modules de formation sur l’éducation inclusive des élèves-maîtres… En un mot, l’objectif est que l’enseignement au Burundi soit adapté à chaque enfant.

La contribution de la France au projet est significative, puisque la subvention de l’AFD à Handicap international pour ce projet est de 400.000 Euros, soit environ 640 millions de Francs Bu., pour un projet d’un coût total de 520.000 Euros, ou 830 M F Bu.

Pour la France, c’est aussi un projet qui s’inscrit parfaitement dans la priorité qu’ensemble, Burundais et Français, nous avons décidé de donner à l’amélioration de l’accès et de la qualité du service public d’éducation au Burundi. L’éducation inclusive constitue ainsi un élément complémentaire essentiel du contrat de désendettement-développement (C2D) de 2,4 millions d’euros sous forme d’aide budgétaire au secteur de l’éducation de base, jusqu’en 2013, signé il y a 15 jours, entre la France et le Burundi.

Nous n’en sommes encore qu’au début. Je sais que chacun, pour ce qui le concerne, est fermement engagé dans ce beau projet. Mais nous devons monter en puissance. Nous avons, pour une fois, les moyens de nos ambitions. Souhaitons-nous d’avoir l’énergie qu’il faudra. Le jeu en vaut la chandelle. Nous pouvons donner espoir et bonheur à des enfants, ainsi qu’à leurs parents.

Je souhaite que cette cérémonie de lancement porte loin les valeurs de l’éducation inclusive, pour tous et individualisée, auxquelles nous croyons, dans l’intérêt de nos enfants et pour leur épanouissement et leur bonne insertion dans la société.

Je vous remercie.

Dernière modification : 30/11/2015

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