Passation de pouvoirs entre M.Bernard Kouchner et Mme Michèle Alliot-Marie

Allocution du Ministre d’Etat, Ministre des Affaires étrangères et européennes, Michèle Alliot-Marie lors de la passation de pouvoirs.

Monsieur le Ministre, Mon Cher Bernard,

Mon Cher Pierre,

Merci d’abord de cet accueil, merci de cette chaleur et merci aussi de tout ce que tu as fait, de tout ce qu’ensemble, vous avez fait pour cette Maison et pour la politique de la France.
Vous avez connu des périodes qui n’étaient pas toujours faciles, vous avez connu un certain nombre de difficultés et je veux te remercier, Mon Cher Bernard, de ton action en ces temps difficiles ; je veux te remercier de cette action, de cette volonté de modernisation de ce ministère qui correspond à la volonté de modernisation du président de la République.
C’est vrai qu’aujourd’hui, avec Henri de Raincourt, avec Laurent Wauquiez, nous sommes heureux de pouvoir nous appuyer sur le travail qui a été fait au cours de ces trois années.

Pour moi, arriver dans ce ministère, c’est d’abord un honneur. L’honneur d’avoir été choisie par le président de la République et le Premier ministre à la tête d’un grand ministère. A la tête du ministère qui est finalement l’image de la France autour de la planète. C’est également, et j’en ai conscience, une responsabilité importante. Et puis, je vais vous le dire très simplement, c’est pour moi aussi, un véritable bonheur qui je pense est partagé par les deux ministres.
Le bonheur de servir la France dans la continuité de ses traditions, de son attachement à des valeurs, de sa vision du monde qui est une vision du monde qu’ont probablement bien peu de pays et de nations. Nous croyons à certains équilibres mondiaux, nous croyons à un monde multipolaire dans lequel il est important que la France, et la France en Europe, puisse faire entendre sa voix.

C’est un honneur et c’est un bonheur aussi de servir la France dans l’ambition de la modernité. Tu l’as rappelé à juste titre Bernard, les choses ont beaucoup changé dans le monde, à la fois du fait des puissances émergentes mais aussi pour nous du fait de l’intervention de l’Europe en tant qu’entité. Ceci nous oblige, bien sûr, à repenser nos propres ambitions pour le monde, notre façon d’agir, notre vision prospective de ce que peut être l’évolution des continents dans tous les domaines, qu’ils soient économiques, politiques ou culturels.
C’est pour nous un honneur, une responsabilité et un bonheur que de servir la France avec les hommes et les femmes du ministère des Affaires étrangères. Et je le dis très sincèrement, il est vrai que c’est par chacune et chacun d’entre vous que notre pays a une image positive dans le monde et, qui que vous soyez, du plus petit échelon de ce ministère au plus élevé, il est important que vous portiez en vous cette certitude que vous êtes la France dans chacune de vos actions. Vous êtes les soldats de cette France généreuse, ambitieuse et qui a vocation à porter des valeurs dans le monde entier.

La France n’est pas un pays comme les autres, je l’ai souvent constaté lorsque j’étais ministre de la Défense, notamment à l’occasion de mes déplacements à l’étranger, je suis sûre que tu l’as également observé Bernard et toi aussi Pierre. Il est vrai que lorsque l’on parle de la France dans le monde, on n’en parle pas de la même façon que l’on parle des autres pays. Alors, cela nous oblige, cela nous oblige à montrer que la France ne saurait en rien être un pays frileux ou replié sur lui-même, ou replié sur des certitudes conservatrices.
Non, la France est dans le mouvement d’un monde où les défis sont à la hauteur de la mondialisation et nous devons être capable de répondre à ces défis. Ce qui implique de la solidarité, ce qui implique de ne pas se replier sur soi, mais d’être capable de travailler avec les autres, avec tous les autres, aussi bien à l’intérieur d’un service que dans les relations avec les autres pays dans les instances internationales.
Notre diplomatie est la garante de cette image et de cette capacité de la France en même temps qu’elle porte notre capacité d’actions. Notre diplomatie ne saurait être un concept abstrait ou figé, elle doit être dynamique, ouverte, imaginative et c’est bien l’action que vous avez voulu lancer et que j’entends poursuivre.

Oui, la France a beaucoup à offrir ou à proposer au monde. C’est à nous de porter cette espérance ; je sais que chacune et chacun d’entre vous a et aura à cœur de porter ces idées, de porter cette ambition, de porter ces valeurs.
Je sais pouvoir compter sur chacune et chacun d’entre vous. Je voudrais que vous sachiez, vous aussi, dans votre action quotidienne, dans les défis à relever, que vous pourrez compter sur chacun d’entre nous. Notre détermination est totale à servir, car servir est certainement le plus beau mot qui puisse exister en politique mais également au sein de l’Administration. C’est un mot qui, dans le monde actuel et dans ce ministère a probablement encore plus de sens que partout. Chacune et chacun d’entre vous est le soldat de la France porteuse de valeurs et de la France ambitieuse pour le monde.
C’est ce travail que, je l’espère, nous ferons ensemble, sans oublier ce que nous sommes, car devant ces défis, nous sommes tous exactement les mêmes. Chacune et chacun a autant d’importance dans la mission à accomplir. Alors, ce que je souhaite vraiment, c’est qu’ensemble, avec vos compétences rappelées il y a un instant, avec votre détermination et avec votre amour du pays, nous porterons les couleurs de la France et les couleurs de sa diplomatie.

Je vous remercie.

Dernière modification : 30/11/2015

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