Politique française de coopération

Dans la politique française de coopération au développement, le Burundi fait l’objet d’une attention particulière en tant que pays en sortie de crise, dont les acquis doivent être consolidés pour réduire la pauvreté et favoriser le développement économique et social. La politique française de coopération au Burundi vise donc à accompagner le pays dans les processus en cours de consolidation de la paix, de reconstruction et de remise en place des ressorts d’un développement autonome.

1- Quatre grands objectifs prioritaires définissent quatre axes majeurs d’intervention pour la coopération française au Burundi :

1-1 Consolider la paix et la démocratie par la déclinaison au quotidien de la règle de droit : Ceci se fait à travers une coopération en matière de sécurité (police : notamment construction et appui à l’Institut supérieur de police) et de défense (armée : appui à l’institut d’Etat major, à l’école des sous-officiers de Bururi, à l’Ecole des métiers de Muzinda, formation aux troupes burundaises envoyées en Somalie…), ainsi qu’à travers un appui aux organismes qui participent d’une amélioration de la gouvernance (parlement, media, ombudsman…). L’accent est mis sur l’éducation civique et, s’agissant de la coopération de sécurité et de défense, sur la « bonne gouvernance de la sécurité », ainsi que et sur la contribution des forces de sécurité au développement ;

1-2 Poursuivre les actions en cours d’appui à la politique burundaise de lutte contre la pauvreté et de réponse aux besoins fondamentaux - éducation de base (C2D),santé, urgences humanitaires (aide alimentaire, actions sociales…) – conformément aux orientations du CSLP 2 (cadre stratégique de lutte contre la pauvreté) ;

1-3 Contribuer à la mise en place des ressorts d’un développement économique autonome et durable, en prenant pleinement en compte le cadre de l’intégration régionale  :

• appui au secteur privé productif (agriculture, environnement des affaires, secteur bancaire, tourisme, commerce…)

• appui au développement des infrastructures (énergie, routes, aéroport…)

• appui à l’intégration régionale opérationnelle (projets transfrontaliers : ex Ruzizi3), notamment dans le cadre de l’EAC et de la CEPGL

• prise en compte de la dimension environnementale et de développement durable dans tous les projets

1-4 Mener une diplomatie culturelle active et ouverte : appui à la francophonie, appui aux medias, politique culturelle, débat d’idées, coopération universitaire

2- Points d’application / Une mobilisation des opérateurs et des moyens, financiers et humains, bilatéraux et multilatéraux, au service de ces objectifs.

2-1 Les principaux instruments sur lesquels la France s’appuie pour mettre en œuvre sa politique de coopération au développement du Burundi sont les suivants :

- Le Fonds social de développement (FSD) : Ce fonds permet de petites actions d’appui à des projets à forte dimension sociale et d’intégration. A titre d’exemple, il permet la réalisation de projets dans le domaine de l’agro-développement (pêche à Rumonge, aide à la production locale de produits agroalimentaires…) de la santé (centre antimalaria de Bujumbura, hôpital de Buye…), du secteur social (centres de jeunes, foyer Seruka pour les victimes de violences sexuelles…) de l’environnement… Ces projets sont menés en général avec des ONG et des communautés villageoises qui doivent être les bénéficiaires directes des actions. L’objectif est de couvrir progressivement l’ensemble des secteurs d’activité, en visant, s’agissant des projets dans le secteur productif, l’autofinancement et la rentabilité à moyen terme.

- Le Fonds de solidarité prioritaire (FSP) : Ce fonds permet de mener des projets pluriannuels d’envergure dans un domaine donné. On distingue les « projets FSP » traditionnels, qui concernent une action sectorielle dans un seul pays, des « projets FSP mobilisateurs », qui ont une dimension régionale. Les projets FSP actuellement en cours au Burundi ou devant être adoptés prochainement concernent :

- l’appui à l’enseignement supérieur (Projet PARES)

- le soutien aux forces de police du Burundi (FSP police)

- l’appui à la diffusion du français, dans le domaine éducatif (le français étant langue d’enseignement) et universitaire, avec une dimension régionale (FSP Francophonie)

- l’appui à l’intégration régionale, notamment dans le cadre de la CEPGL, avec un « projet FSP mobilisateur ‘’Grands Lacs’’, qui comprend notamment un « Réseau interuniversitaire des grands lacs » (RIGL), regroupant 24 universités du Burundi, du Rwanda et de RDC, dont les universitaires sont convenus de travailler davantage ensemble ;

- le renforcement de la sécurité aérienne (FSP mobilisateur Police aéroportuaire-Sureté aérienne)

- Le « C2D éducation » (jusqu’en 2013) : Mis en œuvre par l’AFD (cf infra), le « C2D » est un contrat-de désendettement-développement » qui permet, suite à un accord entre la France et le Burundi, de transformer une remise de dette en investissement dans le pays. Au Burundi, les deux parties ont décidé de consacrer 2,4 millions d’euros du C2D à une aide budgétaire sectorielle au secteur de l’éducation de base. Cette aide, qui permet d’appuyer le recrutement d’enseignants dans le primaire en prenant en charge 1000 maîtres sur une durée de trois ans, est gérée de façon itérative à travers un dialogue régulier avec le ministère en charge de l’éducation de base et le ministère des Finances, portant sur la politique enseignante. Cette aide importante à travers le C2D au secteur éducatif est complétée par d’autres actions de la coopération française dans le domaine de l’éducation.

- Le PACAM(plan d’action commun d’appui aux medias) : Mis en place d’abord pour accompagner le processus électoral burundais de 2010, le PACAM, qui associe plusieurs partenaires et bailleurs de fonds, devrait continuer des actions d’appui aux media de nature à consolider la démocratie et le respect de la règle de droit dans la vie quotidienne (par exemple par des actions d’éducation civique ou des débats d’idées à la télévision ou à la radio).

- Une enveloppe de bourses, invitations et missions  : couplé à des assistants techniques présents sur place pour suivre les principaux projets, cet instrument permet d’accompagner la bonne mise en œuvre des actions par une politique résolue de formation et d’adaptation des capacités aux besoins.

- Deux relais important pour la coopération culturelle : le CCF/Institut français du Burundi et l’Alliance française de
Gitega
, avec des bibliothèques, des manifestations-phares comme le FESTICAB (festival de cinéma du Burundi),le prix littéraire Kayoya, des actions de coproduction (comme le documentaire historique « Burundi 1850-1962 »), des expositions, des débats d’idées …

2-2 Le dispositif d’assistance français au Burundi comprend également les opérateurs et acteurs suivants :

- l’Agence Française de Développement : Le portefeuille de projets de l’AFD au Burundi représente 22,6 millions d’euros sur la période 2006-2010. L’AFD intervient plus particulièrement au Burundi dans le secteur de l’éducation à travers le Fonds Commun Education, pour lequel l’AFD est le premier contributeur (contribution de 8,6 M€), le C2D Education (cf supra), le projet IFADEM (initiative francophone pour la formation à distance de 1500 maîtres, contribution AFD : 1,4 M€), mis en œuvre par l’AUF/l’OIF, l’animation de projets ONG existants, notamment avec Handicap International. L’AFD souhaite également développer au Burundi ses activités d’appui aux secteurs productifs et bancaire (garanties ARIZ), contribuer à des projets d’infrastructures régionaux (par exemple : barrage de Ruzizi 3). A travers sa filiale PROPARCO spécialisée sur le secteur privé, l’AFD est partie prenante à d’autres projets, notamment dans le secteur du tourisme, en partenariat avec la Fondation de l’Aga Khan (AKDN), qui a un accord-cadre de coopération avec le ministère français des Affaires étrangères et européennes.

Voir aussi : La page Burundi sur le site de l’AFD

- la coopération non gouvernementale, avec des ONG françaises et les volontaires : Avec France-volontaires, la coopération française soutient, financièrement administrativement, l’action de nombreuses ONG françaises actives au Burundi (Croix rouge française, Handicap international, Sports sans frontières, Terres des hommes, Gynécologues sans frontières, associations environnementales…). Une vingtaine de volontaires d’échange et de solidarité travaillent auprès d’ONG et d’organismes d’accueil burundais sur des projets dans des domaines variés, tels que l’aide alimentaire, la formation professionnelle, l’éducation, l’agro-développement, la santé, le sport, l’environnement… Dans ce dernier domaine, certains projets au Burundi bénéficient d’un soutien du Fonds français pour l’environnement mondial (FFEM).

- la coopération décentralisée  : Des collectivités locales françaises mènent au Burundi des actions d’aide au développement, soutenues par la coopération française, en particulier la région des Pays de la Loire(sports, environnement, agro-développement, santé).

3) La coopération française au Burundi passe aussi à travers un rôle actif et une contribution de la France en faveur du Burundi dans les instances multilatérales.

- La France plaide en faveur des PMA et de l’Afrique dans les processus internationaux visant à l’élaboration de nouveaux instruments de financement en faveur du développement (fonds climat, appuis à l’intégration régionale, aux projets d’infrastructures transfrontaliers, à la protection de la forêt…), dont le Burundi bénéficie ou peut bénéficier, notamment dans le cadre du système des Nations Unies et de l’Union européenne, au niveau mondial et local (cf procédures de concertation déconcentrée au sein de l’UE et dispositif rénové des Nations-Unies au Burundi, début 2011)

- Financièrement, les deux tiers de l’aide française au Burundi sont mis en œuvre par l’UE (la France contribue à 24,3% du 10éme FED, qui mobilise 212 M€ pour le Burundi de 2008 à 2013) ou l’ONU (PNUD, Banque mondiale, FAO, UNICEF, PAM, UNHCR, FNUAP, OMS…). Par exemple, la France contribue depuis plusieurs années à hauteur d’1 M€ par à l’aide alimentaire au Burundi, ou encore, la France est le deuxième contributeur mondial du Fonds Sida/paludisme/tuberculose, qui finance de nombreuses actions au Burundi.

Au total, la France aura contribué l’an passé à hauteur de 35 millions d’euros au titre de l’APD au Burundi, répartis entre les canaux bilatéral (12 M euros), européen (13 M euros) et multilatéral (10 M euros).

Dernière modification : 22/02/2013

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